jeudi 26 mars 2009

Apres un mois passe en Albanie

Nous venons tout juste de rejoindre la Macedoine, apres un mois passe en Albanie. Nous y entrames le 27 fevrier depuis le Montenegro en taxi. Le douanier nous demanda 10 euros chacun de "taxe d entree". Nous apprimes par la suite que cette taxe fut reduite a 1 euros il y a deja quelques annees. Nous voila en Albanie. La corruption ici est generalisee. A plusieurs occasions les albanais que nous rencontrames la denoncerent en prive. Fiori, proprietaire d un bar recemment ouvert a Girokaster nous dit que les clubs et bars ouvrent souvent sans licence, celle-ci s obtenant apres un dedale administratif. A Vlora, Brian, jeune volontaire americain de l organisation Peace Corps et professeur d anglais a l universite nous confia que les diplomes, dans tous les domaines, s achetent.
Partout dans le pays, des immeubles sont construits en toute illegalite, sans permis; consequence d une politique d urbanisation inexistante ainsi que d une redistribution anarchique des terrains apres 40 ans de communisme et d absence de propriete, le pays ressemble aujourd hui a un gigantesque chantier: les habitats individuels et collectifs poussent comme des champignons. La plupart d entre eux sont toujours en cours de construction, ou plutot volontairement inacheves, par manque d argent, mais aussi parce qu une habitation non terminee n est pas soumise a la taxation. Sur un niveau, parfois deux, mais toujours dans l attente d un dernier etage qui n arrivera probablement jamais, ils se dressent partout dans le paysage. Leurs toits sont betonnes, plans et surplombes de containers metalliques qui, remplis aux heures ou l eau courante est disponible, permettent de pallier aux coupures quotidiennes. Des tiges de metal debordent du dernier niveau faignant une realisation encore en cours.
Si les cotes croates et montenegrines nous semblerent encore protegees contre l urbanisation massive du fait de zones classees qui freinent les promoteurs immobiliers dans l obtention de permis de construire -pour combien de temps encore?- la cote albanaise nous apparut davantage ravagee. Ici, le tourisme est un marche en pleine expansion depuis quelques annees. Les ouvriers grouillent et s affairent en attendant la saison touristique. Partout les albanais construisent des immeubles "low cost" dans des tons pastels et parfois meme flashy en vue d accueillir des estivaliers toujours plus nombreux. Shengjini, a une dizaine de kilometres de Lezhe, dans le nord de l Albanie, est litteralement defiguree. Autrefois un village de pecheurs, une cinquantaine d immeubles d une dizaine d etages chacuns de dressent aujourd hui tel un mur entre la montagne et la mer. A l approche de ces immeubles, de grosses berlines allemandes aux vitres teintees dissimulent des hommes aux airs mafieux -des promoteurs immobiliers?- arborant costumes et lunettes noires. Mais quand bien meme l etat deciderait d en finir avec ces constructions illegales, ou loger les populations qui y vivent?
Nous passames une semaine a Tirana au milieu de notre sejour en Albanie. Cette capitale de 700 000 habitants, telle une pieuvre, etire ses tentacules sur des kilometres a la ronde, l architecture etant de plus en plus sommaire a mesure que l on s eloigne du centre. Consequence d un exode rural massif apres la chute du regime communiste en 1992, la banlieue de Tirana aujourd hui explose, a tel point que la municipalite semble difficilement subvenir aux besoins en infratructures routieres. A chaque coin de rue dans la capitale se dressent un commerce de proximite. Dans certains quartiers, chaque cours, rez-de-chaussee ou garage ayant pignon sur rue se mue en commerce la journee proposant fruits, legumes, cigarettes, chaussures ou produits de beaute.
La population albanaise, malheureusement, jouit d une mauvaise reputation aupres de ses voisins europeens. "Les albanais vous tueront pour 2 euros" nous repeterent bosniaques et croates. De France, on en entend souvent parler a travers divers sujets d actualite: mafia, prostitution, mercenaires. Cependant, quand on les rencontre, leur sympathie et leur generosite font oublier cette realite. Par exemple, l auto-stop y est d une facilite deconcertante. Coupes du monde pendant l ere Enver Hoxha, de 1941 a 1986, ils n eurent aucune ouverture sur l exterieur -Hoxha rompit ses relations avec l URSS en 1961 puis avec la Chine en 1978- si ce n est via le piratage des chaines de television italiennes. Ils sont desormais ravis que l on s interesse a eux mais font preuve de beaucoup de pessimisme quant a l efficacite de leur gouvernement gangrene par la corruption et les reseaux d influences -les medias par exemple- proches des differents partis politiques.
Apres quelques semaines dans l Albanie bouillonnante des villes en plein mouvement, nous nous isolames quelques jours dans le sud pres de la frontiere grecque, la ou les sommets des montagnes encore enneigees cotoient des plages d un blanc virginal et une mer azur. La tente plantee sur la plage, nous restames quelques jours profiter d une douceur estivale qui nous semble deja loin.
Nous sommes sur le lac d Ohrid cote macedonien, il a encore neige 50 cm hier...


Shengjini et ses immeubles colores.


Une de ces nombreuses maisons inachevees, Jale.

http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/actu/index.php?dos=expat&num=134080

mercredi 25 mars 2009

Suite et fin de notre sejour en Albanie


Tandis que nous prenons un petit dejeuner albanais -cafe turque, riz et haricots mi-secs- le proprietaire du restaurant ou nous sommes decoupe une tete de boeuf sur le comptoir, sous nos yeux ebahient, a Vlora.


Un des 700 000 bunkers repartis sur le territoire albanais. Constuits sous l ere d Enver Hoxa entre 1950 et 1985, il en aurait fait construire un pour quatre albanais a l epoque.


Dhermiu et ses plages paradisiaques, dans le sud de l Albanie, pres de la frontiere grecque.
Remarque: ce sont bien des bunkers que l on apercoit sur la plage!


Quelques kilometres de marche a travers les oliviers puis sur les sentiers de montagne pour rejoindre le village de Jale, dans le sud de l Albanie, ou 10 familles seulement vivent en hiver.


Vive le stop en Albanie!


Portrait de l Albanie rurale 2


Le chateau fort de Girokaster, le plus grand d Albanie, encercle par les montagnes.


La mosque de Girokaster, ses maisons en pierre et aux toits en ardoise.


L eglise orthodoxe de Saint Clement, sur les hauteurs d Ohrid.


Le lac d Ohrid cote macedonnien.

samedi 14 mars 2009

Quelques cartes postales de Dubrovnik et nos premiers pas en Albanie


Dubrovnik la belle


Sur le petit port de peche


De meme


Skanderbeg, heros national qui par 25 fois combatit les turques entre 1443 et 1468.


Librazhd, petite ville situee dans les montagnes au centre de l Albanie.


Portrait de l Albanie rurale


Montagnes autour de Librazhd


Train albanais. Vitres cassees, petite vitesse mais tres bon marche (200 lek soit moins de 2 euros pour traverser le pays).


jeudi 12 mars 2009

La suite du voyage en images


Le fameux pont de Mostar, detruit pendant la guerre et reconstruit a l ancienne par la suite.


Tempete de neige entre Sarajevo et Dubrovnik, Antoine monte les chaines a l avant du camion de tournee de Brain Damage.


Apres refelexion, et quelques kilometres en patinant, le camion est a propulsion arriere, Mercedes oblige. On demonte les chaines et on les remonte a l arriere...


Concert de Brain Damage a Rijeka, en Croatie. Ca demenage! Merci encore pour cette aventure!


Split en Croatie sous le soleil, enfin. Il est 8h, nous sommes au cafe en terrasse avec trois francais rencontres dans le train de nuit entre Rijeka et Split.


6h pour faire 100km sur les 200km prevus initialement. Sans commentaire. On finira quelques minutes plus tard par aller prendre le bus...


Arrivee a Dubrovnik. La suite au prochain episode avec Dubrovnik la belle...


samedi 14 février 2009

Photographies de Sarajevo


Sur les hauteurs de Sarajevo


Dans la vieille ville


La grande mosquee


Pigeons square


Nous sous la neige, apres deux heures de batailles de boules de neige.

jeudi 12 février 2009

Sarajevo mon amour

Deja sept jours passes a Sarajevo, apres une semaine a Berlin chez nos amis. Le trajet de Berlin a Sarajevo, effectue en 24 heures, nous plongea precipitamment dans la culture bosniaque. Le chauffeur, ne pipant pas un mot d'anglais, nous imposa le visionnage d'une dizaine d'episodes de la serie televisee populaire locale; en VO s'il vous plait!
Dans cette petite capitale de 600 000 habitants regne le calme. La ville rassemble un joli petit bazar et nombreux lieux de piete de toutes confessions (catholique, orthodoxe, musulmane et juive), tres contraste avec le centre ville mitoyen dynamique qui regorge de grandes enseignes internationales. Derriere cette richesse apparente se cache une realite toute autre. Le chomage touche une bonne partie de la population. Aux dires de Daniel, la trentaine, vivant dans un des multiples quartiers dortoires avec son amie de dix ans sa benjamine, il n y a pas de travail: "ni usine, ni service, ni administration, ni reelle activite economique". Les diplomes des universites onereuses se retrouvent sur un marche du travail sature. Les quelques emplois disponibles seraient vendus au plus offrant. Quel comble d'acheter son travail! Pour vivre, chacun y va de ses combines car il n'y a ni allocation, ni assurance chômage, ni état au sens paternaliste ou on l'entend.
La rencontre avec Ivan s'avera enrichissante. Marie avec Sanela, il vit sur les hauteurs de Sarajevo. Sanela est tsigane, ou rom comme on dit ici. Leur quartier, detruit pendant le siege de Sarajevo beneficia de l'aide d'une organisation internationale qui reconstuisit de petits pavillons pour les loger. A huit dans une cinquantaine de metres carre, le foyer rassemble trois generations. Seulement trois d'entre eux ont des revenus d'environs 300 euros pour parvenir aux besoins de toute la famille. Ivan, 32 ans, finit actuellement sa formation par alternance de technicien en alarme incendie. Sanela travaille dans un hotel. Elle avoue avoir touve son poste grâce a son beau-frere qui y est apprenti cuisinier, car il est d'autant plus difficile de trouver un emploi quand on est rom.
Les cicatrices du conflit demeurent toujours presentes. Des cimetieres mulsulmans immacules ornent le paysage. Ceux-ci, dissemines sur les hauteurs de la ville, sont arpentes par les habitants pour se rendre au centre ville. Une fois sorti du centre ville, on constate de nombreux bâtiments marques d'impacts de balles. Dans de nombreux lieux, appartements, cafes, magasins, le visage de Tito decore discretement les murs en souvenir d'un temps ou la Yougoslavie etait unie. Cette guerre a encourage chacun a afirmer son identite (coate, serbe, bosniaque). C'est desormais un pays ou le temps semble suspendu. Le passage au XXIe siecle, ne se remarque que par la presence des nouvelles technologies.
Malgre cela, les gens vivent a leur rythme. Les Dada (grands-peres) conversent dans les cafes autour d'un bonanska kavha (cafe turque). Les Baba (grands-meres) vaquent a leur marche quotidien. Et la jeunesse se vetit selon la derniere mode vestimentaire.

Apres quelques jours passes sous le soleil et une petite dizaine de degres, nous nous sommes reveilles ce matin sous une quinzaine de centimetres de neige. Dans quelques jours, nous partirons pour Mostar puis l'Albanie, avec l espoir de pouvoir planter la tente sur les plages albanaises de sable blanc.

http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php?dep=79&num=1119661&PHPSESSID=2a3ec106564fae14e8a7b96a0d1834ec#

jeudi 5 février 2009

Antoine decouvre la gastronomie bosniaque

A Sarajevo, point de Mc Donald's mais de nombreux fast food ou l'on vend des burek. Vendu au kilo (de 3,5 a 5 euros le kilo) , ce feuillete a la viande et aux petits oignons ravi les gourmands. On le trouve aussi garni de fromage (sirniča) , de pommes de terre (krompirusa) ou bien d'epinards (zeljeniča). C'est directement sous les braises qu'il est traditionnellement cuit. Noye dans le yaourt, il se deguste sur un coin de table en quelques minutes a peine. Niveau calories, il rivalise largement avec notre Mc Donald's international mais quel orgasme gustatif!
Admirez plutot:



Suite aux commentaires du public, voici quelques photos!

Antoine devant le Reichtag. Siege du parlement allemand

9h du matin, gare de bus de Berlin. Depart pour Sarajevo. 26 heures de bus nous attendent.

lundi 2 février 2009

Berlin, c est fini. Et dire que c etait la ville de mon premier amour...

Demain matin, nous partons pour Sarajevo apres une semaine passe a Berlin sous la neige et un vent glacial.
Une semaine a vagabonder entre divers centres culturels, bars, fast food berlinois, bars, monuments et autres bars. Ici, la curry wurst (saucisse au curry) se deguste tiede et noyee dans le ketchup, l architecture est franchement massive et grisonnante (ambiance communiste) et la biere dans les bars coule a flots et a des tarifs ma foi encourageant la consommation dans des ambiances toujours chaleureuses et rock'n'roll.
Vingt cinq heures de bus nous attendent.

Merci a Felix pour ce vagabondage intempestif a Berlin.

lundi 19 janvier 2009

Quand est-ce qu'on part?

Alors pour tous ceux qui se demandent où nous sommes : nous ne sommes pas encore partis. Nous avons eu un petit retard (lié à des contraintes professionnelles). C'est donc samedi 24 janvier que nous décollerons de Niort pour de belles aventures.

Merci la NR

Pour nous faire un peu de pub, nous avons eu l'idée de contacter Nolwenn Pareige, une rédactrice de la Nouvelle République ( un quotidien régional de chez nous pour ceux qui ne connaissent pas). Elle fut très emballée et publia un article très enthousiaste sur notre périple le 15 décembre 2008. Nous lui avons proposé d'écrire une petite chronique mensuelle sur notre aventure.

Vous pouvez retrouver cet article à cette adresse:
http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php?dep=79&num=1041708

Qu'est-ce qu'on met dans un sac quand on part à l'aventure pendant 10 mois ?

Partir 10 mois et faire son sac, sachant qu'on va avoir de la neige sans même aller en altitude - au Kosovo en février- et des chaleurs torrides - dans les steppes du Kazahkstan en septembre prochain- c'est pas évident.

Nous avons pioché des infos à droite et à gauche sur des sites et autres blogs de voyageurs. Voilà notre bilan:

-un homme débrouillard et bricoleur.
-une femme courageuse avec un mental d'acier.
-une toile de tente légère (comme la nôtre) et pas trop encombrante (pas comme la nôtre).
-une lampe torche à dynamo pour faire de la musculation et une frontale pour les soirées où on souffre de courbatures.
-des duvets jumelables.
-une gourde solide, en acier elle aussi...
-une veste "softshell", une polaire, un t-shirt chaud à manche longue et un autre respirant.
-un couteau suisse avec scie intégrée (pour couper du bois et construire une cabane en cas d'attaque nucléaire au Turkménistan).
-des ciseaux (pour se couper les ongles, les cheveux et faire des activités découpage-collage dans nos carnets de voyage).
-un crayon 4 couleurs (parce que "10 mois à écrire en bleu, j'ai peur de me lasser" Anne).
-une pince à épiler (pour tirer les poils du nez d'Antoine).
-des tiquets -plus couramment appelés pansements- de préférence à motifs joyeux pour ne pas tomber dans la spirale infernale de la dépression en cas de bobo.
-une crème solaire, parce que Anne a une peau blanche de poulet élevé en cage.
-un bonnet et un maillot de bain (pour les conditions climatiques "extrêmes").
-un passeport pour passer les frontières.

La plupart des voyageurs expérimentés disent qu'il ne faudrait pas dépasser les 12-14 kg pour voyager aisément. Et bien pour nous, c'est raté, nous serons dans la catégorie "poids lourd" avec pas moins de 16 kg sur le dos!

Soit dit en passant, c'est surtout le matériel photographique et vidéo qui pèsent lourd et nous fait exploser tous les scores...